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YOGA ET DIETETIQUE 3.0 : Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien dans son assiette

September 16, 2019

Pour ce troisième article sur le yoga et la diététique, nous allons, moi et Lucille, professeur de yoga à Paris, aborder le sujet des troubles du comportement alimentaire, de la gestion du stress et l’impact que la pratique du yoga à dessus. Bien sûr, il paraît évident que pratiquer une activité physique quotidienne aide à la perte de poids et à la gestion du stress, mais pour les troubles du comportement alimentaire ? Le yoga est-il une solution ? Je vais à nouveau interviewer ma jolie prof de yoga Lucille pour vous en dire plus.

 

En quoi penses-tu que le yoga pourrait aider les personnes qui ont du mal à accepter leur corps ?

 

En fait, c’est l’une des principales raisons pour lesquelles j’ai choisi d’enseigner le yoga à mon tour : ça m’a beaucoup aidé sur ce point et c’est en grande partie ce que je veux faire partager à chaque personne avec qui j’ai l’occasion de partager une pratique. Je vois le yoga un peu comme un terrain de jeu où on s’amuse à la redécouverte de soi-même : on a un corps qui est super comme il est et qui est capable de faire plein de trucs, il n’est jamais trop tard pour s’en rendre compte et il faut en profiter et kiffer – voire kiffer encore plus et développer des nouveaux skills si vous êtes déjà super à l’aise ! Et bien sûr, ça marche aussi avec l’acceptation de ce qu’il se passe dans nos têtes.

 

Pour faire très simple, la pratique du yoga permet de se redécouvrir, d’apprendre à se connaître vraiment, que ce soit ce qu’il se passe dans notre mental mais aussi dans notre corps. Bien sûr, cela passe par l’apprentissage de l’écoute de soi-même : on encourage chacun à savoir ce qui est bon pour soi-même et non pas pour son voisin de tapis, pour le prof ou pour qui on voudrait idéalement être. Et forcément, cela implique de développer un sens de l’acceptation.

 

Attention, acceptation ne veut pas dire résignation : j’en suis là aujourd’hui, à ce moment présent et précis et c’est très bien comme ça, peut-être que demain ou dans quelques mois j’aurai fait d’énormes progrès, mais là je suis heureux/heureuse exactement comme je suis et où je suis. Et bien sûr, le fait d’aborder le yoga comme un jeu permet d’essayer des choses, des postures ou des variations différentes (tout en se respectant pour ne pas se blesser) qui mènent plus souvent qu’on ne le penserait à se dire « oh c’est génial, mon corps est capable de tout ça ! », ce qui est très bon pour le moral et pour l’image de soi.

 

Je pourrais rentrer dans les détails et l’expliquer de tout un tas de manières différentes mais dans les faits, le plus concrètement du monde, le meilleur moyen de vérifier et de ressentir ce que je suis en train de raconter, c’est tout simplement de venir en faire votre propre expérience en cours de yoga – à bientôt sur le tapis !

 

Penses-tu qu’on puisse faire un lien entre le yoga et les troubles du comportement alimentaire, tels que la boulimie, l’anorexie, l’hyperphagie, l’orthorexie et autres ?

 

Le seul lien qu’on puisse, je pense, trouver entre le yoga et les troubles du comportement alimentaire (TCA) est l’aide que peuvent apporter le yoga et la méditation dans le processus de guérison de ces troubles et de leurs effets secondaires qu’on peut se traîner comme des casseroles pendant des années. Ce n’est que mon avis, et je parle par expérience, n’étant pas une professionnelle de santé, mais je pense qu’avec ce type de problématique, il est essentiel de guérir d’abord le mental, ce qui entraînera naturellement le rétablissement physique : au-delà de l’acceptation de soi dont on vient de parler, on pourrait dire que le yoga va permettre de retrouver une certaine masse musculaire par exemple, ce qui est totalement vrai, mais ça ne devrait pas être la priorité ici. Pour quelqu’un qui souffre de TCA, le but devrait avant tout être de se sentir de nouveau vivant(e) et de retrouver le goût de vivre, ce qui relève de la santé mentale.

 

Cela étant, il existe peut-être des dérives dans la communauté du yoga, et notamment autour de l’effet de mode des réseaux sociaux, qui encouragent les troubles du comportement alimentaire. Mais une pratique saine, basée sur l’acceptation, sur l’écoute de soi, sur le fait de faire ses propres expériences et sur d’autres valeurs similaires ne peut qu’encourager la guérison des TCA pour les personnes concernées et je les encourage à s’entourer de personnes bienveillantes et à cultiver la compassion envers elles-mêmes et les autres. À celles et ceux qui liraient peut-être ces lignes et qui sont concernés par la question, je leur souhaite d’ailleurs de se libérer de ces troubles, de reprendre goût à la vie et de trouver leur équilibre et leur bonheur ! Cela prendra le temps qu’il faudra, mais vous allez y arriver.

 

Quelqu’un qui souffre de troubles du comportement alimentaire va passer par tout un tas de tortures psychologiques : envie de disparaître, besoin de se remplir, pour inconsciemment combler quelque chose, un manque émotionnel ou affectif ou encore éviter de faire face à quelque chose en elle, un grand sentiment de honte, beaucoup de culpabilité, un rapport au corps déformé et malveillant, une image de soi-même faussée, horrible et éloignée de la réalité, et j’en passe… Pour se sortir de là, il faut apprendre la compassion envers soi-même, apprendre à faire la part des choses entre ses pensées et la réalité et tout un tas de processus qui peuvent être appris grâce au yoga et à la méditation. Par exemple, grâce à la méditation, dans les moments où on est face à son miroir ou à une photo et où on se trouve beaucoup trop grosse, on peut se rappeler que sur le tapis de yoga, on se sentait super bien dans son corps, que celui-ci est capable de prouesses et en bonne santé, et que c’est tout ce positif qui compte, ce n’est pas négligeable !

 

La méditation a aussi cette capacité à nous faire prendre du recul sur ce qu’il se passe dans notre tête : quand une pensée arrive, elle aide à se dire « oh, il se passe cette pensée/cette émotion » et à s’en détacher, à la laisser s’en aller si elle ne nous sert pas. C’est très intéressant d’apprendre à ne plus se laisser envahir par ses pensées et émotions lorsque l’on traverse des périodes difficiles. Et plus vous pratiquerez ceci, plus la prise de recul sera rapide et mieux vous vous porterez.

 

Enfin, bien sûr, en commençant à faire du yoga, on fait du bien à son corps et à son esprit et petit à petit – il faut savoir s’en donner le temps et ne pas se précipiter ni se forcer, la patience pour soi-même est importante – on commence à avoir envie de prendre soin de soi de plus en plus de manières différentes, d’inscrire chacune de ses actions dans la bienveillance.

 

Si vous avez quelqu’un dans votre entourage qui souffre de troubles du comportement alimentaire, ne lui parlez pas de lâcher prise : il y a de fortes chances que cela ne veuille rien dire pour elle ou que ça lui semble totalement inaccessible ou terrifiant. Cependant, ce qui peut aider cette personne à guérir, c’est de se sentir vivante. De ressentir de l’amour (au sens d’amour universel, ça peut être amical, familial ou autre), d’aimer et de se sentir aimée, et de reprendre goût à la vie.

 

Je suis en fait bien placée pour vous dire que le lâcher-prise arrive comme une conséquence de ces expériences mais pas comme un but en soi dans la guérison des troubles du comportement alimentaire. Par exemple, laissez-moi vous raconter une petite part de mon expérience personnelle : au collège, vers 14-15 ans, j’étais comme prise dans une spirale de cycles d’anorexie boulimie. Ceux-ci ont pris fin le jour où j’ai été impliquée, avec une amie, comme bénévole pour un tournoi de football international pour adolescents. Quelques jours de fête, de soleil, de partages de beaux moments et donc de joie de vivre qui ont été salvateurs pour moi et m’ont sorti d’un quotidien pas toujours aussi joyeux. Je ne dis pas que ça a été la fin définitive de mes TCA, cela a ensuite été un long processus de guérison, notamment pour me libérer des autres schémas de pensée, mais ça a été un bel élément déclencheur sans retour en arrière, qui m’a vraiment redonné l’envie de vivre au lieu de disparaître. Bien sûr, par la suite, c’était parfois la lutte avec moi-même ne serait-ce que pour trouver la force de m’autoriser à aller chercher un snack au distributeur de la fac sans avoir l’impression d’être « la grosse qui va se remplir » - alors qu’en réalité, avec le recul, personne d’autre que moi-même ne m’aurait sans doute jugée aussi cruellement. Vous l’aurez deviné, il faut aussi du temps pour retrouver une image normale de soi-même, et pour faire la paix avec soi-même en général. Alors bien sûr que le yoga peut aider dans tout ce processus, ça a été le cas pour moi, et j’encourage vivement les personnes qui souffrent de troubles du comportement alimentaire ou de leurs nombreux et longs effets secondaires, physiques ou psychologiques, à s’essayer au yoga, mais aussi et surtout à dédier du temps et de l’énergie à faire des choses qu’elles aiment et qui leur permettent de se sentir de nouveau vivantes ! Le chemin peut être long et parfois tortueux, mais il vaut la peine d’être parcouru.

 

 

Peux-tu nous parler du lâcher-prise ?

 

L’idée va bien avec le concept de yoga qui consiste à « let go of the illusion of control », laisser disparaître l’illusion du contrôle. Mais honnêtement, je suis assez sceptique envers le concept de « lâcher-prise » comme objectif absolu. Après tout, c’est quoi le lâcher-prise ? « Moyen de libération psychologique consistant à se détacher du désir de maîtrise », d’après les dictionnaires. Et on prône le lâcher-prise comme un idéal ou une nécessité absolue, c’est une grande mode. Mais dans la plupart des discours qu’on entend à ce sujet et des business construits autour de l’idée de lâcher-prise, il n’est jamais clairement exprimé qu’il s’agit de ne plus s’accrocher au désir de contrôle, mais d’arrêter de garder le contrôle tout court. Or, je ne pense pas qu’arrêter d’avoir tout contrôle sur quoi que ce soit est une bonne idée ni même quelque chose de possible pour la plupart des gens.

 

L’expression de « lâcher-prise » en elle-même me dérange au sens où elle fonctionne comme « ne pensez à rien » : si on vous demande de ne pas penser à quelque chose, vous y penserez. Si on vous demande de lâcher quelque chose, il y a de fortes chances qu’une part de vous se concentre sur ce qu’on vous demande précisément de lâcher, et cela devient contre-productif. Un peu comme le fait que de dire à quelqu’un qui est angoissé « oh ça va, ne stresse pas » ne l’aidera jamais.

 

Je pense qu’il faudrait remplacer cette idée du « lâcher-prise » qui semble complètement abstrait et surtout bien trop exigeant par un effort de se concentrer sur ce qui compte vraiment (en se demandant par exemple si dans 5 ans, on en aura encore quelque chose à faire de ce petit truc qui nous stresse), ce qui a de l’importance, et surtout ce sur quoi on peut vraiment avoir une influence en ne perdant plus de temps ni d’énergie sur des sujets qui ne dépendent aucunement de nous. En bref, trouver l’équilibre entre l’effort dans la bonne direction et le contentement.

 

Le stress est aussi un facteur majeur de surpoids, et un stress chronique peut être néfaste pour la santé. Lorsqu’on stress, même si ce n’est que dans notre tête, le corps va sécréter du cortisol, une hormone qui va augmenter les battements du cœur et irriguer nos muscles, dilater les pupilles et nous donner la sensation d’être prête à faire un marathon (tout ça pour mieux fuir le danger). C’est un processus naturel et sans danger, en cas d’urgence il peut même nous sauver la vie, mais de manière chronique, quand le danger reste enfoui en nous et qu’on ne peut plus le fuir, cette sécrétion de cortisol va entrainer beaucoup de symptômes indésirables comme la prise de poids, un système digestif moins efficace, une immunité basse, … Il est donc essentiel dans le cadre d’un traitement de TCA ou pour une simple perte de poids d’apprendre à mieux gérer son stress, comment le yoga peut-il intervenir ?

 

De mon côté, par déduction et avec mes connaissances, le yoga est très bon pour « lutter » contre le stress parce qu’il permet de canaliser son énergie et de se dépenser physiquement, de mieux respirer, ce qui permet bien sûr de se calmer (mais peut varier selon les techniques de respiration), et bien sûr cette discipline, en sculptant le corps, vient effacer les rondeurs qu’on peut avoir accumulé en grignotant à cause du stress et qui se sont formées comme une couche de protection émotionnelle dont on peut se libérer quand on n’en a plus besoin.

 

La méditation aidera aussi à prendre de la hauteur, à se placer en observateur de son stress et des réactions qu’il entraîne, pour ne plus être prisonnière des aléas de ses émotions et de ses sensations, mais de reprendre un certain contrôle sur elles, de les comprendre, les accepter, les accueillir pour mieux les laisser disparaître quand elles ont délivré leur message et qu’elles ne nous servent plus. L’idée est un peu de transformer le stress en allié plutôt que de le voir comme un ennemi contre lequel il faut lutter. Et, bien entendu, on ne répétera jamais assez que prendre soin de son corps par la pratique du yoga et de son esprit par la méditation va entraîner l’envie de prendre soin de son assiette et d’arrêter de la confier au stress.

 

Les parties du cerveau concernées par le stress sont celles qui servent aux émotions et aux fonctions cognitives, l’une à l’origine de la réaction de stress et l’autre en charge de calmer ce phénomène. Un véritable circuit du stress, en quelque sorte. Pratiquer le yoga avec les bonnes postures bien agencées dans une séquence impliquant de les tenir assez longtemps, c’est s’entraîner à rester concentré, mais aussi renforcer cette part de nous qui résiste au stress et à la fatigue. Il n’est donc pas uniquement question de se détendre et de lutter contre le stress, mais aussi de mieux s’y préparer !

 

Le dernier aspect non négligeable du yoga qui va venir aider dans notre rapport au stress relève d’un effet indirect : bien souvent, pratiquer le yoga va entraîner de nouvelles rencontres, un nouvel entourage avec une communauté bienveillante, dans l’échange culturellement et spirituellement et bien souvent dans le soutien les uns des autres, ce qui aide à diminuer le stress au quotidien.

 

Merci Lucille pour ce bel article ! Je suis ravie d’avoir aborder ce sujet qui me tient à cœur et qui est essentiel dans ma pratique. Pour toutes celles ou ceux atteint de TCA ou le  suspectant, n’hésitez pas à prendre contact avec moi ou Lucille pour en parler. Vous pouvez aussi directement prendre rendez-vous avec moi à Montpellier via Doctolib ou en ligne sur le site Qare.fr. Retrouvez Lucille sur son blog : https://lucilleavoine.com/ ou sur Instagram : @lucilleavoine

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